Visite Libre De L'exposition De Tatiana Wolska Habitat Potentiel Pour Une Artiste à Nice le 19 mai 2018

19 samedi mai 2018

11h00

Galerie de la Marine Galerie de la Marine

Plus d'infos sur l'Visite Libre De L'exposition De Tatiana Wolska Habitat Potentiel Pour Une Artiste à Nice

L'exposition Visite Libre De L'exposition De Tatiana Wolska Habitat Potentiel Pour Une Artiste a lieu dans le cadre de la Nuit des musées à Nice 2018.

« Si rien ne change, l'humanité future habitera dans des cartons. (...). Le programme des Nations Unies pour le développement prévoit qu'en 2020 plus de deux milliards de personnes vivront dans des taudis. Les habitants des bidonvilles représentent déjà près de 80 % de la population urbaine des pays les moins développés. Et demain, l'essentiel de la croissance démographique mondiale aura lieu dans les zones urbaines de ces pays, notamment dans leurs bidonvilles. (...) » Mike Davis, Le Pire des mondes possibles, 2008

(...) À mi-chemin entre l'installation, l'environnement, et la sculpture informelle, l'exposition « Habitat potentiel pour une artiste » de Tatiana Wolska propose une expérience physique et cognitive d'une architecture spécifique, à la fois vivante, organique et relationnelle. Sculptrice et dessinatrice, Tatiana Wolska affirme ici une posture expérimentale et subversive en inscrivant cette construction dans le temps de l'action. Pendant trois semaines, cette structure, faite de bric et de broc, a rempli la fonction essentielle d'habitat, extension de la sphère privée de l'artiste, de son lieu de vie et de travail. Entre réalités et rêveries de l'habitat, elle a conçu cet espace alternatif qui ne se définit plus seulement de façon technique mais affective, symbolique et poétique.

(...) Avec « cette volonté de construire, ou simplement de faire quelque chose de ses propres mains », Tatiana Wolska échappe aux formes minimales si présentes dans les lieux d'exposition et les habitations. Pour se faire, elle décharge, trie, fouille les matériaux qu'elle récupère puis les recompose, les agence et les fixe afin de parvenir à une forme, proche à la fois du bâtiment délaissé ou d'une architecture de l'urgence.

(...) « Sans que je sois une écologiste assidue, je n'aime pas encombrer notre planète plus qu'elle ne l'est déjà. J'utilise donc essentiellement des matériaux de récupération. Je sais que c'est un discours beaucoup utilisé actuellement, mais au fil du temps je me suis rendue compte que chez moi, c'est plus une habitude venue tout droit de l'environnement post communiste dans lequel j'évoluais. Le système D, que nous utilisions n'était pas tant un phénomène de mode, mais plutôt un recyclage nécessaire au fonctionnement de chacun. » précise l'artiste.

(...) Avec cette installation DIY faite sur place, sans dessins préparatoires ni de modélisation, Tatiana Wolska produit et active une nouvelle temporalité inhérente à la production de cette oeuvre, celle de faire une archive de sa présence. Sans convoquer l'histoire de ce lieu, elle scénarise ces espaces fragmentés et nichés en y laissant quelques indices, probablement ceux d'une résistance à l'accélération de la société contemporaine. Tatiana Wolska ne cherche pas à gérer le temps, ni à le contrôler ou à le rentabiliser. Par cette fragilité et cette pauvreté des matériaux, elle prône l'urgence de la flânerie, de ce qui est bancale et inachevé. Modeste par ses formes et par ses volumes, cet habitat potentiel explore autant une autre facette, celle d'une artiste en perpétuelle reconfiguration.

Marianne Derrien, commissaire d'exposition indépendante et critique d'art